Réchauffement climatique : Chaleur et sécheresse devraient persister

À la mi-juillet 2026, la sécheresse de surface des sols en France était classée comme « extrême », le niveau le plus fort, sur près de la moitié du pays : l’extrême Nord, le Centre, le Centre-Ouest, le Bassin parisien, le Sud-Ouest, la région Rhône-Alpes et les Alpes du Sud. Plus inquiétant, une nette aggravation de la sécheresse de surface est prévue pour les prochains jours, ce qui signifie que c’est la quasi-totalité de la France qui est en passe d’être classée en sécheresse de niveau extrême, une situation inédite.

Depuis le 13 juillet 2026, 99 départements français sont touchés, en partie ou en totalité, par des restrictions d’eau. Un tel nombre de départements concernés est inédit depuis le mise en place de la carte nationale de suivi lancée en 2013.

Sur les quatre niveaux que comptent les arrêtés de restrictions (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise), tous les départements de métropole sont concernés par au moins le 1er niveau.

Plus inquiétant encore, une trentaine de départements ont, au moins, une partie de leur territoire en situation de crise, le niveau maximal : les régions centrales sont les plus concernées, suivies du Sud-Ouest. Dans ces zones, sont interdits : l’arrosage des espaces verts et des potagers en journée, l’arrosage des pelouses et jardinières, l’arrosage des terrains de sport, le lavage des véhicules et l’alimentation des fontaines en eau. L’irrigation est aussi souvent suspendue pour l’agriculture, sauf exception.

Météo France estime que la faible humidité des sols que nous connaissons actuellement est en train de rejoindre les niveaux de la grande sécheresse de 1976. Dans certains départements, la situation est déjà bien plus grave que celle connue en 1976. Toutefois, une sécheresse ne se mesure pas seulement avec l’indice d’humidité des sols en surface, mais également avec ce qui se passe en profondeur.

Selon Météo France les niveaux des nappes phréatiques sont actuellement plus élevés que ceux de l’année 1976. Les nappes souterraines se sont en effet bien rechargées ces derniers mois grâce à un hiver 2025-2026 anormalement pluvieux. Toutefois le BRGM tempère cet optimisme et précise qu’à la fin du mois de juin 2026, les niveaux des nappes étaient satisfaisants pour seulement 46 % des points d’observation qui étaient légèrement au-dessus ou autour de la normale. 54 % des points d’observation étaient en dessous des normales. La situation des nappes phréatiques se dégrade et 93 % des niveaux sont en baisse. Il faut ajouter que certaines régions comme le Limousin avec des socles granitiques ne possèdent pas de nappes phréatiques, mais seulement des sources qui se tarissent très vite avec la sécheresse. C’est la cas du Plateau de Millevaches, autrement dit des mille sources.

Il faut ajouter que la saison estivale ne se prête pas au remplissage des nappes et Météo France indique qu’aucune amélioration n’est à attendre avant octobre. En raison de l’état actuel, et des prévisions, concernant la sécheresse de surface, ainsi que de la baisse en cours du niveau des nappes phréatiques, la perspective d’une sécheresse majeure tout au long de l’été 2026 semble absolument inévitable .

Selon les dernières prévisions météo, août s’annonce plus chaud et plus sec que la normale. Les températures devraient rester au-dessus des normales saisonnières, tandis que les précipitations resteraient limitées, faisant craindre une aggravation de la sécheresse dans plusieurs régions. Pour le moment (nous sommes le 22 juillet), il est encore trop tôt pour affirmer si cette chaleur prendra la forme d’une véritable canicule, comme cela a été annoncé par plusieurs agences météorologiques européennes.

Météo France explique que la France se trouve dans une configuration atmosphérique qui peine à évoluer depuis le début de l’été. Les hautes pressions continueraient de remonter régulièrement du Maghreb vers l’Europe occidentale, favorisant un temps souvent ensoleillé, chaud et peu perturbé sur notre pays. Si cette situation se confirme, les perturbations atlantiques auront du mal à s’imposer, limitant les épisodes de pluie à quelques orages localisés, notamment près des reliefs.

Dans la conclusions de ses prévisions, Météo France indique que « le signal d’un temps plus chaud et plus sec que la normale apparaît aujourd’hui suffisamment récurrent pour retenir l’attention des météorologues. Si cette tendance venait à se confirmer, la sécheresse pourrait continuer de s’aggraver dans de nombreuses régions au cours du mois d’août. «

Il faudrait ajouter que nous nous trouvons dans un contexte El Niño qui devrait se renforcer au cours du 2ème semestre 2026 jusqu’au printemps 2027. Un rafraîchissement des températures globales est donc peu probable.

Source : Météo France.

L’Australie et le stockage d’énergie par batterie // Australia and battery energy storage

Alors que des vagues de chaleur intenses frappaient l’Europe et l’Asie et que les marchés pétroliers mondiaux connaissaient une volatilité extrême en mai et juin 2026, les deux grandes cheminées de l’une des plus importantes centrales électriques d’Australie étaient en cours de démolition. Parallèlement, le ministre australien de l’Énergie tenait une conférence de presse pour saluer une baisse allant jusqu’à 10 % du prix de référence de l’électricité dans certaines régions du pays.
En toute discrétion, et sans susciter beaucoup d’écho à l’échelle internationale, l’Australie est à l’avant-garde d’une révolution en matière d’énergies renouvelables domestiques et d’utilisation de batteries. Le pays démontre ainsi ce qu’il est possible d’accomplir grâce à des politiques adaptées. L’Australie figurait déjà parmi les leaders mondiaux du solaire résidentiel, avec des panneaux installés sur un foyer sur trois. Elle fait toutefois partie des nations responsables de la crise climatique en raison de ses exportations massives de combustibles fossiles. Mais ce sont les batteries qui confèrent aujourd’hui une nouvelle dynamique à l’Australie.
Près de 60 % de la capacité de stockage par batterie à usage domestique installée en 2025 à travers quelque 200 pays – à l’exception de la Chine – se trouve sur le continent australien. Depuis juillet 2025, environ 415 000 foyers ont été équipés, ce qui représente environ une unité pour 25 foyers australiens.
Le déploiement de batteries à l’échelle industrielle progresse presque aussi rapidement : l’Australie (27 millions d’habitants) n’est dépassée que par la Chine (1,4 milliard) et les États-Unis (350 millions) en termes de nouvelle capacité installée, et le nombre de raccordements a plus que doublé l’année dernière. L’essor de l’utilisation des batteries, qu’elles soient de petite ou de grande taille, commence à faire baisser le coût de l’électricité issue du réseau national, lequel comprend plus de 40 000 km de lignes de transport et de câbles reliant l’extrême nord tropical du Queensland à l’État insulaire de Tasmanie, au sud.
Les batteries constituent une technologie de stockage d’énergie utilisant des procédés chimiques pour absorber et restituer l’énergie à la demande. La technologie lithium-ion est la plus répandue pour le stockage de l’électricité. Coupler des batteries à des installations de production d’énergie renouvelable permet de stocker l’énergie durant les périodes de faible demande et de la réinjecter dans le réseau lors des pics de consommation.
Contrairement à de nombreuses autres formes de stockage et de production d’énergie, les batteries sont particulièrement précieuses car elles offrent une grande flexibilité. Elles peuvent réagir plus rapidement que les autres technologies de stockage ou de production et contribuent à la stabilité du réseau en s’activant ou en se désactivant en une fraction de seconde.
Les batteries peuvent être installées dans des environnements variés, en petites ou grandes quantités, pour répondre à différents besoins. Par exemple, un grand nombre de batteries installées pour le stockage à grande échelle (ou LSBS, pour *Large-Scale Battery Storage*) peuvent fonctionner comme une centrale électrique de grande puissance raccordée au réseau de transport d’électricité.
Des batteries de plus petite capacité peuvent être installées chez les particuliers pour assurer une alimentation de secours, mais elles peuvent également être exploitées collectivement au sein de ce que l’on appelle une centrale électrique virtuelle (Virtual Power Plant, VPP).
Grâce à la polyvalence de cette technologie et à la baisse des coûts, l’utilisation de batteries pour les énergies renouvelables devrait se développer dans les années à venir.
L’utilisation de batteries sur le réseau électrique australien devrait continuer de progresser, portée par les avancées technologiques et la baisse rapide des coûts. Par ailleurs, plusieurs dispositifs gouvernementaux ont contribué à réduire les coûts et à favoriser les subventions, accélérant ainsi l’adoption de cette technologie par les producteurs et les consommateurs d’énergie en Australie.

L’essor du stockage par batterie en Australie atteint un stade où, durant une partie de la journée, l’électricité ne coûtera pratiquement rien à certains consommateurs. Depuis le 1er juillet 2026, l’électricité est gratuite en milieu de journée dans trois États australiens : le prix de l’énergie tombe à zéro entre 11 h et 14 h. C’est une illustration frappante de la manière dont l’énergie solaire bon marché et le stockage par batterie bouleversent l’économie des réseaux électriques.
L’Australie développe rapidement ses capacités de stockage, tant au niveau du réseau qu’auprès des particuliers. Plus de 415 000 batteries domestiques ont été installées au cours de l’année écoulée, soit environ une pour 25 foyers.
L’installation de batteries est l’un des meilleurs moyens de protéger son domicile en cas de coupure de courant, de réduire ses factures énergétiques et de se rapprocher de l’autonomie vis-à-vis du réseau. Une autre option consiste à opter pour des batteries « plug-and-play » (prêtes à l’emploi), bien moins onéreuses qu’un système de secours pour toute la maison.
Cette transition vers les batteries peut se traduire par une baisse des factures, une moindre exposition aux fluctuations des prix des combustibles et un air plus pur. Les batteries domestiques permettent de faire fonctionner les appareils essentiels lors des pannes, de réduire les coûts aux heures de pointe et d’offrir aux ménages une meilleure maîtrise de leur consommation d’énergie.
L’Australie modifie également ses dispositifs d’incitation pour encourager la consommation d’électricité lorsque la production solaire est abondante en milieu de journée. Cpùùe indiqué plus haut, dans le cadre du programme « Solar Sharer », les clients du Queensland, de la Nouvelle-Galles du Sud et de l’Australie-Méridionale bénéficient de l’électricité gratuite entre 11 h et 14 h depuis le 1er juillet 2026 ; d’autres États devraient rejoindre l’initiative en 2027. Ces créneaux horaires ont été choisis pour correspondre à la période de la journée où la production solaire est maximale, la demande minimale et l’énergie la moins chère.
Source : Gouvernement australien, The Cool Down (TCD).

Centrale de stockage f’énergie par batterie de Waratah Super Battery, en passe de faire partie des plus importants projets de ce type (Source : Akaysha Energy / Powin Energy)

Exemple de stockage d’énergie par batterie à usage domestique (Source : FlowPower)

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As intense heatwaves pummelled Europe and Asia, and oil markets around the world leapt and sputtered, the two big chimneys of one of Australia’s largest power stations were being demolished. Meanwhile, the Australian energy minister was holding a media conference to hail a fall of up to 10% in the benchmark electricity price in parts of the country.

Quietly, and with surprisingly little fanfare from the rest of the world, Australia is pioneering a revolution in home renewables and battery use, proving what is possible with the right policies. The country was already one of the global leaders in domestic solar power, with panels on one in three homes. It also remains, however, a major contributor to the climate crisis through its vast fossil fuel exports. But it is batteries that are giving Australia a new burst of speed.

Nearly 60% of the household-scale battery capacity installed across almost 200 countries – except China – this year will be in the southern continent. Since July, about 415,000 homes have been connected. It is roughly one unit for every 25 Australian homes.

Industrial-scale batteries are being built nearly as quickly, with Australia (population: 27 million) trailing only China (1.4 billion) and the US (350 million) in new capacity after connections more than doubled last year. The increase in battery usage big and small is starting to bring down the cost of electricity from the nation’s power grid, which includes more than 40,000km of transmission lines and cables between tropical far-north Queensland and the southern island state of Tasmania.

Batteries are an energy storage technology that uses chemicals to absorb and release energy on demand. Lithium-ion is the most common battery chemistry used to store electricity. Coupling batteries with renewable energy generation allows that energy to be stored during times of low demand and dispatched at times of peak demand.

Unlike many other forms of energy storage and generation, batteries are particularly valuable because they provide flexibility. They can respond faster than other energy storage or generation technologies, and help maintain grid stability by turning on and off in fractions of a second.

Batteries can be located in a range of areas and installed in small or large quantities for different uses. For example, a large number of batteries installed as grid-scale or large-scale battery storage (LSBS) can act as a large-scale power generator connected into the electricity transmission system.

Smaller-scale batteries can be installed in homes to provide backup power, but can also be operated as a collective in what is called a Virtual Power Plant (VPP).

Due to the technology’s versatility and falling costs, the use of batteries for renewable energy is expected to increase over the coming years.

Battery use in the Australian electricity grid is expected to keep growing due to technological advances and rapid cost declines. A number of government schemes have also driven down battery costs and subsidies, accelerating the adoption of the technology by Australian energy producers and users.

Australia’s battery surge is reaching a point where, for part of the day, electricity will effectively cost some people nothing.

Free midday electricity came to three Australian states on July 1, 2026, when the price of power dropped to zero from 11 a.m. to 2 p.m. each day, a striking sign of how far cheap solar and battery storage are shifting grid economics.

Australia has been rapidly expanding storage at both the grid and household level, a trend that is pushing electricity prices lower and reducing dependence on costly gas-fired generation. More than 415,000 residential batteries were added over the past year, roughly one for every 25 houses.

Adding battery storage is one of the best ways to protect one’s home during outages, save on energy costs, and move closer to going off-grid. Another option is plug-and-play batteries that are much cheaper than a whole-home backup system.

That shift to batteries can mean lower bills, less exposure to fuel price shocks, and cleaner air. Home batteries can keep essential appliances running during blackouts, cut peak-hour costs, and give households more control over their energy use.

Australia is also changing incentives to encourage people to use more electricity when midday solar is abundant. Under the Solar Sharer program, customers in Queensland, New South Wales, and South Australiahave been getting free electricity from 11 a.m. to 2 p.m. since July 1, 2026, and other states are expected to join in 2027. Those hours were selected to match the stretch of the day with the most solar generation, the lowest demand, and the cheapest power.

Source : The Australian government, The Cool Down (TCD).

Des drones à Vulcano (Îles Éoliennes / Sicile) // Drones at Vulcano (Aeolian Islands / Sicily)

Une équipe de chercheurs de l’Université technique de Munich (TUM) et de l’Université de Mayence s’est rendue sur l’île éolienne de Vulcano munie de drones, afin de collecter et d’analyser des échantillons de gaz émis par le volcan. La dernière éruption du Grand Cratère de Vulcano remonte à la fin du 19ème siècle, mais le volcan continue de présenter une activité de dégazage intense. Les scientifiques souhaitaient vérifier si ces appareils pouvaient mesurer les gaz afin de prédire les éruptions.

Un capteur de gaz a été installé sur un trépied, en attente de l’approche du drone. Peu après, le drone s’est positionné dans l’axe du capteur ; ce dernier émet un faisceau laser invisible qui traverse les émissions de gaz volcaniques avant d’être réfléchi par le drone et de revenir vers sa source. Le drone peut se déplacer et changer d’angle pour effectuer des mesures. L’utilisation d’un laser permet au capteur d’éviter le panache de gaz. Comme l’a expliqué un chercheur : « Notre drone vole derrière le panache et notre unité au sol ne se trouve pas non plus à l’intérieur de celui-ci. » Avec une méthode plus traditionnelle, la nature corrosive du panache nécessiterait un recalibrage constant du capteur se trouvant en son sein.

À partir des signaux renvoyés au capteur, un algorithme établit une carte de la concentration en gaz pendant les 10 ou 15 minutes que met le drone à suivre une trajectoire prédéfinie qui peut aller jusqu’à une distance de 60 mètres.

Bien que les drones soient utilisés pour la surveillance des volcans depuis une quinzaine d’années, les scientifiques cherchent désormais à mettre au point des outils de mesure des gaz toujours plus précis et sans risque.

Plus loin sur la lèvre du cratère, une autre équipe scientifique utilisait des capteurs embarqués sur un drone pour mesurer les concentrations de substances chimiques dans l’air. Le drone était équipé d’une série de capteurs mesurant les gaz, les particules et les halogènes — des éléments tels que le chlore, le brome, etc. Les chercheurs affirment que la mesure des gaz et des particules permettra de mieux comprendre l’impact des éruptions et des émissions volcaniques sur l’atmosphère. « Une autre raison est d’anticiper les éruptions volcaniques, car la composition des gaz peut varier avant qu’une éruption ne se produise. Plus la pression exercée par la lave remontant des profondeurs de la Terre vers la surface est élevée, plus la quantité de gaz libérée est importante. »

C’est la première fois que l’équipe de la TUM teste sur un volcan son système de drones, qui est opérationnel jusqu’à 3 000 mètres d’altitude. L’un des principaux atouts de ces appareils réside dans leur grande flexibilité et leur capacité à naviguer dans les zones du panache où les gaz sont plus denses, ainsi qu’à changer rapidement de direction si le panache modifie soudainement sa trajectoire. Grâce au drone, les chercheurs n’ont plus besoin de pénétrer dans la zone d’émission de gaz, une opération périlleuse nécessitant le port de masques et d’autres équipements de protection. Dans les prochains jours, les scientifiques allemands utiliseront le drone sur l’Etna, où une nouvelle éruption vient de se produire.

Source : Yahoo News.

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L’article consacré à la mission allemande sur le cratère de la Fossa de Vulcano, a attiré mon attention, car j’ai moi-même mené plusieurs campagnes d’observation sur ce volcan entre 1990 et 2000. J’ai notamment étudié l’influence de la température et de l’hygrométrie de l’air ambiant sur la densité des panaches de gaz et de vapeur.

J’ai également réalisé plusieurs campagnes de mesure de l’évolution des températures des fumerolles, tant à l’intérieur du cratère que sur sa lèvre.

Dans le cadre d’un projet d’action éducative (PAE) avec le lycée où j’enseignais, j’ai prélevé des échantillons de gaz dans des ampoules sous vide, qui ont ensuite été analysés dans un laboratoire d’Orléans.

Photos: C. Grandpey

Comme le mentionne l’article de presse, la dernière éruption du Vulcano remonte à la fin du 19ème siècle, en août 1888. J’ai consacré une note à cette éruption le 5 février 2020 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/02/05/vulcano-iles-eoliennes-sicile-leruption-de-1888/

Lors de cette éruption, de puissantes émissions de cendres, de scories et de bombes volcaniques ont été observées à quelques heures d’intervalle. Le phénomène était si caractéristique que le terme « éruption vulcanienne » a par la suite été appliqué à des activités éruptives similaires sur d’autres volcans à travers le monde. Deux phases ont été observées au cours de l’éruption, séparées par quelques semaines de calme absolu : une phase initiale, caractérisée par une activité plus intense, a duré environ trois jours, du 3 au 5 août 1888 ; la seconde phase a débuté le 18 du même mois et s’est achevée le 22 mars 1890.

 

Photo prise par Orazio Silvestri et montrant l’éruption le 20 août 1888 (Source :Libreria Trippini Sergio)

L’éruption de 1888 n’a pas constitué un événement majeur, mais l’île n’était pas encore une destination touristique à l’époque. Si un phénomène similaire devait se produire aujourd’hui en pleine saison touristique, la situation serait bien différente.

Ces dernières années, plusieurs alertes ont été lancées à Vulcano suite à une hausse des émissions de CO2 et une augmentation de la température des fumerolles. Au moment où j’écris ces lignes, la situation est revenue à la normale, mais les scientifiques italiens continuent de la surveiller étroitement. Comme me l’expliquait un jour Roberto Clocchiatti : « À Vulcano, les gaz rongent le volcan de l’intérieur. »

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A team of researchers from the Technical University of Munich (TUM) and the University of Mainz have been working on the Aeolian island of Vulcano with drones in order to collect and analyze gas samples from the volcano. The last eruption of Vulcano’sGrand Crater occurred in the late 19th century but the volcano continues to show intense degassing activity.

The scientists wanted to test whether the devices can measure gases to predict eruptions.

A gas sensor was mounted on a tripod, waiting for the drone to draw closer. Soon, the drone positioned itself along the axis of the sensor, which transmits an invisible laser beam that passes through the volcanic gas emissions before being reflected by the drone, and travelling back. The drone can move around and switch angles to take full measurements.

Using a laser allows the sensor to avoid the gas plume. Said one researcher : « Our drone flies behind the plume and also our ground unit is not in the plume. » With a more traditional method, the corrosive nature of the plume would require any sensor inside it to be constantly recalibrated.

Based on the signals sent back to the sensor, an algorithm calculates a map of gas concentration in the 10 or 15 minutes it takes for the drone to follow a predefined path at a distance of up to 60 metres.

Although drones have been used in monitoring volcanoes for about 15 years, scientists are now looking to develop gas measurement tools that are increasingly accurate and risk-free.

Further around the crater, another team of scientists was using sensors carried on a drone to measure concentrations of chemical substances in the air. The drone is equipped with a series of sensors measuring gases, particles and halogens, elements like chlorine, bromine and others. The researchers say that measuring gases and particles will allow to better understand the impact of volcanic eruptions and volcanic emissions on the atmosphere. « Another reason is to anticipate volcanic eruptions, because the gas composition can change before an eruption occurs. »

The greater the pressure exerted by lava rising from inside the Earth towards the surface, the larger the amount of gas released.

It is the first time the team from TUM has tested its drone system — which can work at altitudes up to 3,000 metres — on a volcano. One of the biggest advantages of the drone is its great flexibility and ability to move around more diluted parts of the plume and quickly switch direction if the plume suddenly changes angles.

With the drone, researchers no longer need to carefully enter the area of the gas emissions, a dangerous activity which requires the use of masks and other protection.

In the coming days, the German scientists will use the drone on Mount Etna where a new eruption has just occurred.

Source : Yahoo News.

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The article about the German mission on Vulcano’s Fossa Crater drew my attention as I performed several observation campaigns on this volcano in 1990-2000. I particularly studied the influence of temperature and hygrometry on the density of the gas and steam plumes.

I also made several campaigns to measure the evoluation of temperatures in the fumaroles, both inside the crater and on its rim. During an Educative Acrtion Project with the high school where I taught, I took gas samples in vacuum-sealed ampoules that were later analysed in a laboratory of Orleans.

As mentioned in the press article, the last eruption at Vulcano occurred in the late 19th century, in August 1888. I dedicated a post to this eruption on 5 February 2020 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/02/05/vulcano-iles-eoliennes-sicile-leruption-de-1888/

During this eruption, powerful emissions of ash, scoria, and volcanic bombs were observed at intervals of a few hours. It was so distinctive that the term « Vulcanian eruption » was subsequently applied to similar eruptive activity at other volcanoes around the world.
Two phases were observed during the eruption, separated by a few weeks of absolute calm: an initial phase, characterized by more intense activity, lasted approximately three days, from August 3 to 5, 1888; the second phase began on the 18th of that same month and ended on March 22, 1890.

The 1888 eruption was not a major event but the island was not a tourist destination by that time. Should a similar event occur during the tourist season nowadays, the problem would be much different. Several alerts were observed at Vulcano in recent years with increases in CO2 emissions and higher temperatures at the fumaroles. At the time I’m writing this post, the situation has gone back to normal but Italian scientists are closely monitoring the situation. As Roberto Clocchiatti told me one day : «  At Vulcano, the gases are eating the volcano from the inside ».

Le dessalement de l’eau de mer dans les Îles Canaries (Espagne)

Concentrations de CO2 : 428,59 ppm (17 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, notre alimentation en eau est en train de décliner à vue d’œil et arrivera le jour où elle deviendra un enjeu majeur pour les populations de notre planète. Elle sera inévitablement source de conflits majeurs si rien n’est fait pour trouver des solutions. L’eau douce est indispensable à notre alimentation et à notre vie.

Afin de continuer à la produire, le développement du dessalement de l’eau de mer et de l’eau saumâtre connait une croissance très importante. La technologie de l’osmose inverse domine, mais reste confrontée à deux défis environnementaux majeurs : la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre associés et la gestion des saumures. Les coûts de production restent élevés même si la tendance est à leur réduction.

Certaines régions du monde sont déjà confrontées au manque d’eau et ont essayé de mettre en place des solutions pour y remédier. Les Îles Canaries font partie de ces contrées où l’eau fait défaut mais est indispensable, tant pour l’agriculture que pour le tourisme.

Situées dans l’océan Atlantique à l’ouest des côtes nord-africaines, à proximité de celles-ci, les Îles Canaries bénéficient d’un climat océanique subtropical, avec des variations très importantes dans le régime pluviométrique. Dans certaines zones de l’île de La Palma, par exemple, les précipitations annuelles dépassent 1 200 mm. Sur les îles orientales, les précipitations sont plus rares que sur celles occidentales. Le manque de pluie a conduit à l’installation d’usines de dessalement pour approvisionner les zones urbaines, comme à Las Palmas de Gran Canaria ou à Santa Cruz de Tenerife.

La première usine de dessalement d’Espagne a été installée sur l’île de Lanzarote en 1964, et actuellement cette île et Fuerteventura sont entièrement approvisionnées en eau de mer dessalée.

Usine de dessalement d’Arecife, sur l’île de Lanzarote (Source: presse espagnole)

Dans les îles occidentales, les aquifères souterrains sont exploités à travers des galeries, à l’exception de l’île d’El Hierro, où les puits et les citernes sont plus importants. Sur cette île, la présence de montagnes près de la côte dans certaines zones provoque la condensation des masses d’air, donnant naissance au phénomène connu sous le nom de mer de nuages, ce qui profite à la végétation grâce à l’humidité obtenue.

Afin de gérer au mieux cette situation climatique très contrastée et les activités économiques qui en dépendent, les Îles Canaries sont devenues la région qui compte le plus d’installations d’usines de dessalement au mètre carré par habitant au monde.

Un excellent documentaire de 52 minutes, réalisé par Yoann Périé en 2024 et diffusé par la chaîne de télévision ARTE présente le dessalement de l’eau de mer dans les Îles Canaries. Le film s’attache à comprendre les dessous du dessalement et de son fonctionnement et à mesurer les conséquences de ce procédé et de son usage. Il est intitulé « Les Canaries, des îles sous perfusion. »

https://www.arte.tv/fr/videos/111671-000-A/les-canaries-des-iles-sous-perfusion/

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Comme on peut le voir dans le documentaire, la fabrication de l’eau douce n’est pas sans conséquences. Elle suppose l’utilisation massive de pétrole pour produire l’énergie nécessaire au dessalement, sans oublier les rejets de saumure qui anéantissent la vie sous-marine et acidifient les océans…

Le dessalement permet d’obtenir une eau de meilleure qualité, a priori exempte de micropolluants. Aujourd’hui, en France, il est considéré comme la solution de dernier recours en cas d’insuffisance de ressources en eau douce. Son développement reste donc très marginal et la définition d’un plan de développement du dessalement au niveau national n’est pas d’actualité.

Le dessalement ne doit pas être considéré comme LA solution de facilité pour répondre au moindre déficit en eau, mais comme l’une des solutions possibles pour répondre à un stress hydrique.